iTunes sans DRM: comment Christine Albanel réécrit l’histoire

17 janvier 2009 par

albanel

C’est un petit bijou de communiqué de presse qui a été adressé vendredi soir aux journalistes, peu après 20 heures.

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, « salue la décision d’Universal et de Sony de retirer immédiatement les verrous numériques de leurs catalogues« , est-il écrit dans le titre du mail.

Quelques heures plus tôt, les deux majors du disque avaient annoncé leur intention d’ôter les DRM de leurs morceaux, notamment sur les plates-formes françaises VirginMega et FnacMusic.

Dans les premiers mots de son communiqué, Christine Albanel y voit là une « nouvelle démonstration de l’esprit d’ouverture et de responsabilité des industries musicales ».

C’est déjà fort, mais il y a pire.

Il faut attendre le deuxième paragraphe, étouffée dans une incise, pour trouver une évocation d’Apple. Il ne s’agit, c’est vrai, que du numéro un mondial et français de la musique en ligne.

« La ministre a souligné que cette décision vient s’ajouter à celle, de même nature, prise par Warner la semaine dernière et à celle, annoncée hier par Apple, de supprimer les DRM au cours du premier trimestre 2009 sur sa plateforme iTunes. »

Sur la forme, cette réticence du ministère de la Culture à parler d’Apple n’est pas une première. Les confrères de MacBidouille en avaient déjà pointé un bel exemple en octobre.

Sur le fond, cette présentation est tout simplement fallacieuse, puisque la suppression des DRM sur les morceaux d’iTunes est déjà dans une large part effective (et ça coûte parfois très cher). De plus, l’annonce remonte à la semaine dernière, et pas à « hier » (jeudi).

La correction n’est pas anodine. C’est en effet Apple qui a ouvert ce flot de déverrouillages (le ministère de la Culture était alors resté muet). L’AFP – félicitations – ne s’est d’ailleurs pas laissée prendre au piège.

« Ces décisions en chaîne suivent une annonce cruciale faite le 6 janvier aux Etats-Unis par Apple, leader mondial de la vente de musique en ligne, qui a provoqué un effet domino chez les majors« , a-t-elle relaté dans sa dépêche.

Pourquoi réécrire l’histoire ? Parce qu’à deux jours de l’ouverture du Midem, le salon international du disque, et alors que la loi « Création et internet » et sa très controversée riposte graduée doivent être votées sous peu, il était très tentant pour la ministre de présenter ces annonces comme une conséquence franco-française plus ou moins directe de sa politique.

Cela n’a pas raté. Suite du communiqué:

« Christine Albanel tient à féliciter la filière musicale pour ce geste qui anticipe de plus d’un an la mise en œuvre des engagements souscrits par les maisons de disques à l’occasion de l’accord de l’Élysée du 23 novembre 2007. Selon cet accord en effet, le retrait des DRM « bloquants » des productions musicales françaises n’était prévu qu’un an après la mise en œuvre du mécanisme de lutte contre le piratage créé par le projet de loi « Création et Internet » ».

Si l’on remet la chronologie en ordre, les félicitations vont donc à Apple (ou à Amazon), pour avoir négocié cette ouverture, provoqué les réactions en chaîne des maisons de disques et leur avoir ainsi permis d’anticiper « de plus d’un an » les engagements implacables passés avec le gouvernement.

À moins que ces deux événements n’aient aucun rapport.

Apple a en effet obtenu au niveau mondial la fin des DRM et l’autorisation du téléchargement 3G en échange de l’instauration du prix variable des morceaux. Vive, au passage, « l’offre attractive » évoquée en toute fin de communiqué, puisque l’on paiera désormais 1,29 euro au lieu de 99 cents pour nombre de nouveautés.

Mais alors, si les accords de l’Élysée ne sont pour rien dans l’abandon des verrous sur la musique, à quoi peu bien servir la loi qui sera votée dans quelques semaines ? À l’essentiel – s’il fallait encore s’en assurer – la riposte graduée. Cela fera sûrement l’objet d’un communiqué ultérieur.

[Photo artypop]

11 commentaires pour “iTunes sans DRM: comment Christine Albanel réécrit l’histoire”

  1. Etienne000 dit :

    Ce n’est pas les maisons de disques (universal) qui ont introduit ces drm ?
    (pas sur :D)

  2. TotOOntHeMooN dit :

    No Comment … :|

  3. limousin dit :

    elle a l’air tellement ridicule sur cette photo qu’on se demande si elle ce que le mot DRM signifie !!!

  4. Freefalling dit :

    Alors ma Christine, le micro : dans la bouche ou dans le c.. ?

  5. iDuck dit :

    Ces guignols qui nous gouvernent sont les rois de la désinformation et de la récupération politique.

  6. Dr_cube dit :

    Nous sommes dans une République Bananière ouvertement assumée par nos dirigeants. Entre les pressions contre la quatrième licence de téléphonie mobile et l’écriture de la loi « Création et Internet » par les industriels du disque, il n’y a absolument plus aucun doute à avoir sur ce point. Et je ne parle même pas de la réforme de la télévision publique écrite par TF1.
    Personnellement je préférerais vivre dans une République Pommière.

  7. Amok dit :

    Christine Albanel est l’exemple type de la propulsée dans un ministère dont elle ignorait la définition et les actions 5 mn avant sa nomination. Qu’elle passe ses journées à boire le thé avec Pascal Nègre, son grand ami, et qu’elle nous foute la paix. Tout le monde ne s’en portera que mieux, elle la première : cela lui évitera de passer pour une cruche à chacune de ses interventions.

  8. oomu dit :

    je vouss rappelle que c’est grâce à la sarkoze qu’Obama a été élu (il a suivi les traces de la sarkoze) et Obama a tout copié de Royale.

    Bref, J’AI , en tant que Français, inventé le monde !

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    oui, je n’apprécie pas du tout ce gouvernement, ce n’est pas la première fois que ces méprisants s’approprient des événements qui les dépassent to-ta-le-ment.

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    dans le genre nomination détestable, on a la nouvelle secrétaire d’état pour le nunumérique. (le NUNUmérique siouplait !)

  9. barbieri luciano dit :

    io sono un italiano, ma penso che il ministro della cultura,non è che voglia canbiare il mondo come francese,ma vuole attuare una norma se pur un po troppo severa contro la pirateria online.
    in quanto è ancora devatante, creando danni anche evidenti a l’economia.ma piu che oscurare, secondo me sarebbe il caso, magari di far pagare un po meno i file di musica da scaricare in modo che tutti ne possano adenpiaere con soddisfazione.

  10. barbieri luciano dit :

    correzione al mio precedente post.nelle parole seguenti.
    devastante e adenpiere.

  11. scams dit :

    Nice!